Comment est né Kelo Social

Bonjour à toutes et à tous,

Il y a un peu plus d’un mois, j’ai commencé à écrire les premières lignes de ce qui allait devenir Kelo Social, une alternative à Bluesky construite autour d’AT Protocol.

Mais l’histoire avait commencé plusieurs semaines auparavant.

Depuis quelque temps, j’observais ce qui se passait autour de Bluesky. Je voyais de nouveaux comptes arriver, d’autres disparaître, et énormément de réactions différentes. Certains trouvaient la plateforme trop à gauche, d’autres trop à droite ou trop centriste. Certains étaient très satisfaits, tandis que d’autres annonçaient leur départ.

Je me suis alors posé une question : comment un réseau social qui se veut bienveillant peut-il voir autant d’utilisateurs arriver puis repartir ?

Je ne pensais pas que la politique pouvait, à elle seule, expliquer le phénomène.

Pendant plusieurs semaines, j’ai donc épluché des avis et des commentaires en ligne. J’ai tout noté.

Certains se plaignaient de la place prise par la politique. D’autres trouvaient qu’il n’y avait pas suffisamment d’actualité. Certains dénonçaient la présence de trop nombreux bots. D’autres expliquaient simplement que le design de l’application ne leur donnait pas envie de revenir.

Un jour, j’étais assis sur un banc près de mon école avec toutes mes notes. À cette période, une grève durait depuis environ un mois et demi et nous n’avions plus cours.

Ma meilleure amie est venue me retrouver et m’a demandé ce que je faisais.

Je lui ai expliqué toutes mes recherches.

Elle m’a répondu :

« Mais ça arrive à plein de réseaux sociaux. »

Je lui ai expliqué que ce qui m’interpellait était surtout le mouvement permanent des utilisateurs. Qu’un réseau social supprime des comptes pour des raisons de modération, ou que certaines personnes quittent les réseaux sociaux pour des raisons personnelles, c’est normal.

Mais voir énormément de comptes arriver pendant que davantage encore repartent volontairement, encore et encore, me semblait être le signe d’un problème plus profond.

Je lui ai donné toutes mes analyses.

Elle les a lues et m’a dit quelque chose qui allait finalement lancer le projet :

« Tu es doué pour faire des sites et tu sais créer des réseaux sociaux. »

Je lui ai répondu que oui, mais que je n’avais pas une communauté suffisamment importante pour lancer un nouveau réseau social à partir de zéro.

Elle a regardé mes notes et m’a répondu :

« Mais là, tu écris que c’est décentralisé et que plusieurs applications peuvent être connectées à AT Protocol. Alors repars de là. »

C’est à ce moment-là que tout a commencé.

Elle m’a proposé qu’on travaille ensemble pendant la semaine pour reprendre toutes mes analyses : le fonctionnement, les problèmes signalés par les utilisateurs, le design et les solutions possibles.

Le lendemain, nous nous sommes mis au travail.

Elle s’est particulièrement occupée de réfléchir au design. Elle dessine beaucoup et suit des cours liés au design, ce qui lui permettait de réfléchir à ce qui pouvait rendre une interface plus attirante et agréable.

De mon côté, je travaillais davantage sur le fonctionnement.

Un problème revenait souvent : les bots.

Ma première réflexion a donc été : il faut pouvoir vérifier qu’un utilisateur est réellement humain.

Mais j’ai rapidement compris que ce n’était pas suffisant.

Sur AT Protocol, il n’y a pas uniquement des personnes. Il y a également des entreprises, des médias, des institutions, des associations, des universités et d’autres organisations.

Il fallait donc imaginer un système capable de vérifier plusieurs types d’identités.

Ma meilleure amie m’a alors suggéré de créer un système de vérification séparé, en prenant comme exemple le principe de WIdentité utilisé par WSocial, mais sans nous limiter aux personnes physiques.

C’est comme ça qu’est née l’idée de Kelo ID.

Et une autre question s’est posée : comment appeler le réseau social ?

Finalement, nous avons décidé de conserver le même univers : Kelo ID pour la vérification et Kelo Social pour le réseau social.

Ainsi, lorsque quelqu’un entendrait « Kelo », les deux services pourraient naturellement être associés.

À partir de là, j’ai énormément travaillé.

Pendant plus d’un mois, je pouvais aller dormir vers trois heures du matin, me réveiller vers neuf heures et recommencer à coder.

Ma meilleure amie m’appelait régulièrement pour savoir où en était le projet, voir ce qui avait changé et réfléchir avec moi aux améliorations possibles.

Puis, un jour, je l’ai appelée et je lui ai dit :

« Kelo est né. Kelo Social est né. »

Mais il manquait encore quelque chose.

Kelo ID.

Elle est venue chez moi une quinzaine de minutes plus tard et nous avons commencé à analyser Kelo Social dans son ensemble.

Nous avons repéré des bugs et des choses à améliorer, mais nous avions surtout le sentiment d’avoir construit quelque chose qui répondait à une grande partie des problèmes que j’avais relevés plusieurs semaines auparavant.

Puis elle m’a demandé :

« Et l’identité, tu l’as faite ? »

Et là, je me suis rendu compte que je l’avais complètement oubliée.

Il fallait surtout trouver comment vérifier une personne tout en protégeant ses données.

Nous avons donc imaginé une progression.

Au départ, Kelo ID pourrait proposer des méthodes de vérification manuelle. Ensuite viendraient des méthodes plus instantanées, adaptées aux possibilités offertes dans différents pays : NFC, lecteur de carte d’identité sur ordinateur, etc.

L’idée était de commencer par la Belgique, puisque nous sommes belges, puis d’étendre progressivement le système à la France, l’Espagne, le Portugal, la Suisse, l’Italie et au reste de l’Europe, avant d’aller plus loin.

Restait le cas des organisations.

Pour elles, nous avons imaginé un système capable de comparer les informations fournies avec les informations publiques disponibles en ligne. Lorsqu’une vérification automatique ne permet pas d’obtenir suffisamment de certitude, le dossier peut alors être renvoyé vers une vérification manuelle.

Nous avons passé encore plusieurs semaines à réfléchir, construire, modifier, recommencer et trouver de nouvelles idées.

Et il y a environ deux semaines, nous nous sommes regardés et nous nous sommes dit :

« C’est bon. On l’a fait. On a les bases. »

Kelo Social n’est donc pas né simplement de l’envie de créer « un autre Bluesky ».

Il est né de semaines passées à observer les retours des utilisateurs, à essayer de comprendre pourquoi certains quittaient une plateforme qu’ils avaient pourtant choisi de rejoindre, puis à imaginer ce qu’on pouvait faire différemment.

Et surtout, il est né grâce à une particularité essentielle :

AT Protocol permet justement à différentes applications, communautés et idées d’exister dans un même écosystème décentralisé.

Aujourd’hui, Kelo Social et Kelo ID continuent d’évoluer. Il reste du travail, des bugs à résoudre et certainement encore beaucoup de choses auxquelles nous n’avons pas pensé.

Mais tout est parti de quelques feuilles de notes, d’un banc près de mon école, d’une discussion avec ma meilleure amie et d’une phrase toute simple :

« Alors repars de là. »